Qu’est-ce qu’un bon prof ?

C’est le thème du dossier – très politique – du Nouvel Obs de cette semaine. Alors que S. Royale trouve qu’ils ne travaillent pas assez, et que G. de Robien estime qu’ils n’utilisent pas tous «la bonne méthode», les journalistes du Nouvel Obs ont collecté les témoignages d’enseignants, d’étudiants, et de personnel de l’éducation sur ce thème brulant.

 

Les profs maitrisent-ils leur discipline ?

Seuls 12 % des professeurs du secondaire sont agrégés, un titre très envié, décroché après cinq années d’étude à l’université. Juste en dessous, les professeurs certifiés, qui ont eu le Capes, un concours un peu plus ouvert. Ils représentent 60 % des professeurs. Les uns comme les autres ont donc une culture disciplinaire assez solide. Reste qu’un peu plus d’un quart des enseignants en poste n’ont pas bénéficié d’une telle formation initiale. Ce sont les précaires, les contractuels, qui forment la masse des non titulaires appelés à la rescousse par les rectorats quand il manque des professeurs.

Sont-ils pédagogues ?

Dans deux tiers des cas 4 types de carence sont manifestes : les pratiques pédagogiques ne prennent pas suffisamment en compte l’hétérogénéité ; les enjeux de la discipline sont mal perçus ; le projet pédagogique n’existe pas ; la pédagogie, essentiellement du type oral et directif donne le monopole du discours au professeur. On est donc loin du John Keating, le professeur de littérature du Cercle des poètes disparus, qui faisait monter ses élèves sur leur chaise « pour changer leur point de vue sur le monde »…

Sont-ils motivés ?

« Chaque début d’année, on a l’impression décourageante de recommencer à zéro avec de nouveaux élève, et de palier au plus pressé pour éviter la catastrophe« , explique un professeur. Sentiment d’impuissance et de vulnérabilité, la relation aux élèves peut tourner au cauchemar : « quand une classe par en vrille et met le bazar, çà remet personnellement en question« , ajoute un de ses collègues. On peut trouver un peu d’aide auprès des autres professeurs, mais il n’y a pas vraiment d’issue. La loi de modernisation de la fonction publique devrait permettre une seconde carrière, moins exposée, à ces professeurs au bout du rouleau, mais elle n’a été votée qu’en février dernier.

Bref, le tableau n’est donc pas vraiment rose… mais ceci ne fait que confirmer le ressenti sur le terrain des élèves et des parents : pour palier aux lacunes des enseignants du public, ils sont de plus en plus nombreux à faire appel aux organismes privés de soutien scolaire.

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